
Le cybercrime, également appelé criminalité électronique, désigne l’ensemble des infractions commises au moyen des technologies de l’information et de la communication, notamment à travers les ordinateurs, les smartphones et les réseaux Internet. En Tunisie, ce phénomène a connu une expansion notable avec la digitalisation croissante de la société, touchant aussi bien les particuliers que les المؤسسات et les administrations publiques.
Les formes de cybercriminalité en Tunisie sont multiples. Elles incluent notamment l’accès frauduleux aux systèmes informatiques, le piratage de comptes personnels, l’escroquerie en ligne par le biais de techniques telles que le phishing, ainsi que l’usurpation d’identité numérique. D’autres infractions se manifestent à travers la diffusion de logiciels malveillants, visant à endommager ou à exploiter des systèmes informatiques, ou encore par le cyberharcèlement et les atteintes à la réputation sur les réseaux sociaux. Ces actes peuvent engendrer des préjudices importants, qu’ils soient financiers, moraux ou sécuritaires.
Afin de faire face à ces menaces, le législateur tunisien a mis en place un cadre juridique spécifique. La loi n°2004-5 du 3 février 2004 relative à la sécurité des systèmes informatiques constitue le texte fondamental en la matière. Elle incrimine notamment l’accès illégal aux systèmes informatiques, l’altération ou la suppression de données, ainsi que l’entrave au fonctionnement des systèmes. Par ailleurs, la loi organique n°2004-63 du 27 juillet 2004 relative à la protection des données à caractère personnel vise à encadrer l’utilisation des données personnelles et à prévenir les atteintes à la vie privée dans l’environnement numérique.
En complément, le Code pénal tunisien s’applique aux infractions commises en ligne, telles que l’escroquerie, la diffamation ou les menaces. Plus récemment, le décret-loi n°2022-54 relatif à la lutte contre les infractions se rapportant aux systèmes d’information et de communication est venu renforcer l’arsenal juridique existant, en introduisant de nouvelles dispositions visant notamment la diffusion de fausses informations et certaines formes d’abus sur les réseaux numériques.
Ainsi, le cybercrime en Tunisie constitue un défi majeur nécessitant une réponse juridique adaptée et évolutive. La législation en vigueur témoigne de la volonté des autorités de lutter contre ces infractions, tout en protégeant les droits des individus dans l’espace numérique.

